Maroc · Cuisine et culture11 min de lecture

Que manger au Maroc : guide culinaire pour les voyageurs.

La cuisine marocaine est l’une des plus complexes au monde : mille ans de croisements entre influences berbères, arabes, andalouses et subsahariennes, autour de la cuisson lente, des épices superposées et d’une hospitalité extraordinaire. Ce guide vous dit quoi manger, où le trouver, combien ça coûte, et ce que servent les restaurants touristiques des grandes places que les bons ne servent pas.

Travilto Rédaction
Relu par le réseau de guides locaux Travilto
Passage voûté de la médina d’Essaouira avec étals et paniers
5 plats à manger dès le premier jour
Tajine
Agneau aux pruneaux, ou poulet au citron confit
Soupe harira
À toute heure. 1,50 € le bol. À ne jamais sauter.
Jus d’orange pressé
Le meilleur est sur Jemaa el-Fna. 0,80 €. Incontournable.
Msemen au petit-déjeuner
Avec du miel et du beurre, à votre riad
Pastilla
À commander à l’avance. Poulet ou pigeon, amandes, cannelle.

Les plats marocains essentiels

Huit plats qui définissent cette cuisine. Tous ne sont pas proposés partout ; ceux qui sont mis en avant valent particulièrement d’être recherchés.

Tajine
4–15 € selon que le restaurant est touristique ou local

Le plat emblématique du Maroc : un ragoût mijoté dans un plat en terre conique. Les versions courantes sont l’agneau aux pruneaux et aux amandes, le poulet au citron confit et aux olives, et la kefta (boulettes) à l’œuf. Le couvercle conique retient la vapeur et attendrit la viande pendant des heures.

Où : Dans tous les restaurants du Maroc. Pour le vrai : un restaurant familial loin de la grande place, ou une version maison lors d’une expérience culinaire.

Couscous
€3–10

Semoule cuite à la vapeur, garnie de légumes mijotés et souvent de viande (agneau, poulet) ou de pois chiches. Le couscous du vendredi, servi après la prière, est une institution marocaine. Les meilleures versions ont sept légumes et sont servies avec un riche bouillon et de la harissa à part.

Où : Dans les restaurants locaux le vendredi. Beaucoup de riads servent un déjeuner couscous spécialement le vendredi.

Pastilla (bastilla)Incontournable
€8–20

Une tourte de pâte feuilletée warqa farcie au pigeon ou au poulet, aux amandes et aux œufs, saupoudrée de cannelle et de sucre glace. Sucrée-salée d’une façon qui surprend la plupart des primo-visiteurs. L’un des plats les plus complexes et singuliers du Maroc : à ne pas manquer.

Où : Dans les restaurants marocains de milieu et haut de gamme à Fès et Marrakech. Souvent à commander à l’avance.

HariraMeilleur rapport qualité-prix
€0.80–2.50

Une soupe riche à base de tomate, épaissie à la farine et au citron, avec agneau, pois chiches, lentilles, coriandre et céleri. Servie toute l’année et surtout au coucher du soleil pendant le Ramadan. Le réconfort marocain par excellence.

Où : Stands de rue, cafés locaux et restaurants dans tout le Maroc. Cherchez les endroits où les locaux font la queue.

MéchouiLe préféré des carnivores
5–12 € la portion

Agneau entier rôti, ou cuit dans un four creusé dans le sol, simplement assaisonné de cumin et de sel. La viande se détache de l’os après des heures de cuisson lente. Plat de fête à l’origine, mais disponible dans les cafés spécialisés des médinas : la ruelle du méchoui de Marrakech (près de Jemaa el-Fna) est célèbre pour cela.

Où : La ruelle du méchoui de Marrakech, dans le quartier des souks près de Jemaa el-Fna. Se commande au poids.

Kefta
€3–8

De l’agneau ou du bœuf haché et épicé, façonné en galettes ou en longues brochettes et grillé au charbon de bois. Servi avec du pain, une salade de tomates et parfois un œuf. La version en tajine avec œuf et sauce tomate (kefta mkaouara) est remarquable.

Où : Stands de rue de Jemaa el-Fna à Marrakech, grills dans tout le Maroc.

Briouates
0,30–1 € pièce

Petits feuilletés triangulaires ou en forme de cigare, frits à l’huile, farcis de viande hachée, de fromage, d’épinards ou de pâte d’amande au miel. Souvent servis en entrée ou en en-cas de rue. La version amande-miel est addictive.

Où : Pâtisseries, étals de la médina, et en entrée dans les restaurants.

Zaalouk
Généralement inclus dans un menu

Une salade fumée d’aubergine rôtie et de tomate, mijotée avec cumin, ail, paprika et huile d’olive. Un pilier des entrées marocaines et l’un des meilleurs plats de cette cuisine. Servi à température ambiante avec du pain.

Où : En entrée dans presque tous les restaurants marocains traditionnels.

À propos de la qualité du tajine : Un tajine mijoté pendant plus de 3 heures n’a rien à voir avec un tajine bâclé en 20 minutes à l’autocuiseur puis servi dans le même plat en terre. La différence est évidente. Les restaurants touristiques près de Jemaa el-Fna servent souvent le second. Demandez au personnel de votre riad où il recommande de manger : il sait qui prend le temps.

La cuisine de rue qui vaut le coup

Le Maroc a une excellente cuisine de rue à des prix remarquables. La règle est simple : choisissez les stands avec beaucoup de passage et une cuisson visible. Un stand animé qui fait frire des msemen depuis deux heures est plus sûr et meilleur qu’un stand calme où la même fournée attend.

Msemen€0.50–1

Galette feuilletée carrée, pliée et cuite à la poêle. Mangée au petit-déjeuner avec du miel et du beurre, ou farcie de viande hachée et d’oignon en en-cas.

Beghrir0,80–1,50 € les 2–3

Crêpes moelleuses mille-trous à la semoule. Mangées au petit-déjeuner, imbibées de beurre et de miel.

Soupe d’escargots (babbouche)1–2 € le bol

Des petits escargots mijotés dans un bouillon d’herbes et d’épices : thym, anis, gingembre, réglisse. Une institution de la cuisine de rue de Jemaa el-Fna à Marrakech. Étrange à regarder, profondément satisfaisant à manger.

Sfenj0,30–0,50 € pièce

Beignets marocains : en forme d’anneau, frits, légèrement élastiques, vendus enfilés sur des ficelles par des chariots de rue le matin. Sans garniture : juste de l’huile, de la farine et de la levure.

Jus d’orange pressé€0.60–1.50

Du jus d’orange amère de Séville, pressé devant vous. L’un des plus grands plaisirs de Marrakech et l’une des meilleures affaires. Disponible partout.

Sandwichs (kefta, œuf, thon)€1–2.50

Une demi-baguette garnie de kefta, d’œuf au plat, de citron confit, d’olives et de harissa. Le sandwich du matin que le Maroc réussit mieux que presque partout ailleurs.


Le petit-déjeuner marocain

Le petit-déjeuner marocain est l’un des temps forts de cette cuisine : une table de pain, de galettes, de confitures et de miel qui demande 20 minutes et vous prépare pour une journée entière dans la médina. La plupart des riads en servent une version généreuse, comprise dans le prix de la chambre.

Khobz

Pain rond et dense, cuit dans les fours collectifs : la base de tout repas marocain.

Msemen

Galette feuilletée carrée, mangée avec du beurre et du miel ou de l’huile d’argan. Faite à la main et cuite minute.

Beghrir

Crêpes mille-trous à la semoule, dont les centaines de petits trous absorbent le beurre et le miel.

Amlou

Une pâte épaisse d’huile d’argan, d’amandes et de miel. La version marocaine du beurre de cacahuète, pour y tremper le khobz.

Chebakia

Pâtisserie au sésame et au miel, frite et enrobée de sirop. Au petit-déjeuner et en en-cas.

Atay (thé à la menthe)

Le thé à la menthe marocain : du thé vert très sucré, versé de haut pour faire de la mousse. Servi à chaque repas et entre les repas.


Les boissons au Maroc

Le Maroc est un pays musulman : l’alcool est disponible mais pas omniprésent. Il est servi dans les restaurants et bars d’hôtels sous licence et dans certains restaurants touristiques des grandes villes, mais la majorité des restaurants et cafés de la médina n’en servent pas. La bonne nouvelle : les boissons sans alcool au Maroc sont vraiment excellentes.

Atay : le thé à la menthe marocain

Le rituel national. Du thé vert infusé avec une poignée de menthe fraîche et plusieurs cuillères de sucre, versé de haut dans de petits verres. Surnommé le « whisky marocain » et offert partout en signe d’hospitalité. Le refuser est un affront social à éviter. Le premier service, c’est de l’eau : attendez le deuxième.

Jus d’orange pressé

Les stands de jus de Jemaa el-Fna sont l’un des grands petits plaisirs du voyage. Des oranges amères de Séville, pressées devant vous, pour 0,80–1,50 €. L’acidité et la douceur de l’orange de Séville n’ont rien à voir avec le jus en brique.

Jus d’avocat

Avocat mixé épais avec du lait, du miel et parfois du lait d’amande. L’une des boissons les plus populaires des bars à jus marocains. Riche et nourrissant : plus un repas qu’une boisson.

Café à l’huile d’argan

Un café préparé avec un peu d’huile d’argan : une boisson locale de niche, surtout dans la région du Souss-Massa et à Agadir. Parfumé, riche et original.

Citronnade à l’eau de rose

Du jus de citron frais avec quelques gouttes d’eau de rose et du sucre. Servie fraîche dans certains cafés et riads de la médina. Une association de saveurs marocaine qui fonctionne mieux qu’elle n’en a l’air.


Les meilleures villes pour bien manger au Maroc

Fès
La meilleure pour la cuisine traditionnelle

Fès el-Bali est considérée comme le cœur culinaire du Maroc. La cuisine de la vieille ville est la plus fidèle à l’histoire : la pastilla y est plus proche de la recette andalouse d’origine. À goûter : pastilla, rfissa (msemen effiloché au poulet et aux lentilles), méchoui d’agneau, harira.

La meilleure pour la variété et la cuisine de rue

Le plus grand choix de restaurants, du chariot de rue à la table de riad haut de gamme. Idéale pour la cuisine de rue : Jemaa el-Fna à la nuit tombée, la ruelle du méchoui, les stands de jus frais. À goûter : tajine de kefta, méchoui au poids, soupe d’escargots.

La meilleure pour les fruits de mer

Le port de pêche d’Essaouira fournit des produits de la mer remarquablement frais. Les grills du port vous laissent choisir votre poisson et le cuisent devant vous. À goûter : loup grillé entier, calamars, sardines, tajine de crevettes. La meilleure ville du Maroc pour manger face à la mer.

La meilleure pour manger lentement

La culture des cafés de Chefchaouen est la plus détendue du Maroc : asseyez-vous sur une place, buvez un thé à la menthe, mangez du fromage de chèvre au miel avec du khobz pendant une heure. Les produits au lait de chèvre (fromage, yaourt) sont typiques du Rif. À goûter : fromage de chèvre, miel local, sandwichs à la kefta.


Ce qu’il faut éviter

01
Les stands de Jemaa el-Fna pour un vrai repas

Les stands du soir de Jemaa el-Fna sont un spectacle qui vaut l’expérience une fois. Mais pour un repas, le rapport qualité-prix est mauvais : prix touristiques, petites portions et qualité inégale. Utilisez-les pour grignoter (soupe d’escargots, brochettes, jus d’orange) plutôt que pour dîner.

02
Les restaurants qui donnent directement sur les grandes places

Le premier rang de restaurants autour de Jemaa el-Fna, et leurs équivalents à Fès et Essaouira, fixent leurs prix pour les touristes et servent en conséquence. Deux rues plus loin dans la médina, vous mangez mieux et moins cher, au milieu d’une clientèle locale. Demandez conseil à votre riad.

03
Les tajines bâclés

Un vrai tajine demande 2 à 4 heures de cuisson lente. Un tajine de 20 minutes à l’autocuiseur, servi dans un plat en terre, a la même allure mais un goût sans rapport avec l’original. Dans les restaurants touristiques à la carte très longue, le risque est plus grand. Une carte plus courte et plus simple est bon signe.

04
L’eau du robinet et les glaçons d’origine inconnue

Buvez de l’eau en bouteille ou filtrée dans tout le Maroc. Évitez les glaçons dans la rue : impossible de savoir s’ils sont faits avec l’eau du robinet. Les plats cuits à haute température ne posent en général pas de problème ; les salades crues des stands très bon marché demandent plus de prudence.

Le meilleur guide des restaurants : la personne qui tient votre riad. Les propriétaires et le personnel des riads mangent dans la médina tous les jours : ils savent quels restaurants familiaux sont réguliers, lesquels ont baissé, et où trouver le meilleur couscous du vendredi. Ce savoir local est plus fiable que n’importe quel site d’avis.

Questions fréquentes

Quel est le plat le plus célèbre du Maroc ?+

Les plats les plus célèbres du Maroc sont le tajine (ragoût mijoté dans un plat en terre conique), le couscous (semoule cuite à la vapeur, servie le vendredi avec des légumes et de la viande) et la pastilla (une tourte feuilletée au pigeon ou au poulet, aux amandes et à la cannelle). La harira, soupe de tomates et de lentilles, est le plat réconfortant national. Le thé à la menthe est la boisson nationale.

En quoi consiste un petit-déjeuner marocain traditionnel ?+

Un petit-déjeuner marocain traditionnel comprend du msemen (galette feuilletée carrée), des beghrir (crêpes mille-trous à la semoule), du khobz (pain rond), de l’amlou (pâte d’huile d’argan, d’amandes et de miel), du jus d’orange pressé et de l’atay (thé à la menthe). La plupart des riads en servent une version, comprise dans le prix de la chambre.

La cuisine marocaine est-elle épicée ?+

La cuisine marocaine est parfumée et épicée, mais pas piquante au sens du piment. Elle repose sur le cumin, la coriandre, la cannelle, le gingembre, le curcuma et le ras el hanout (un mélange pouvant compter jusqu’à 30 épices). La harissa (pâte de piment) est servie en condiment mais rarement cuisinée dans les plats.

Les végétariens mangent-ils bien au Maroc ?+

Oui : la cuisine fait la part belle aux légumes. Tajines de légumes, couscous aux sept légumes, soupe harira (souvent sans viande), zaalouk (caviar d’aubergine), taktouka (salade de tomates et poivrons), briouates et msemen sont végétariens. Le principal piège : certains plats utilisent du bouillon de viande sans l’indiquer. Demandez toujours.

Que faut-il éviter de manger au Maroc ?+

Méfiez-vous : (1) des stands de Jemaa el-Fna pour un vrai repas (prix touristiques, qualité inégale) ; (2) des restaurants qui donnent directement sur les grandes places ; (3) des tajines bâclés dans les restaurants touristiques bondés ; (4) de l’eau du robinet : buvez de l’eau en bouteille ; (5) des glaçons d’origine inconnue dans la rue.

Qu’est-ce que le thé marocain ?+

Le thé à la menthe marocain (atay) est un thé vert très sucré infusé avec de la menthe fraîche, versé de haut dans de petits verres pour faire de la mousse. Il est servi en signe d’hospitalité partout au Maroc : dans les boutiques, aux repas et entre les repas. Surnommé le « whisky marocain », il est en général très sucré. Le refuser dans un contexte social est jugé impoli.

Mange-t-on vraiment du couscous tous les vendredis ?+

Oui : le couscous du vendredi est une vraie tradition marocaine. Après la prière du vendredi, les familles se réunissent autour d’un grand couscous. Beaucoup de restaurants locaux servent leur meilleur couscous précisément le vendredi. Si vous êtes au Maroc un vendredi, c’est le moment d’en chercher un.


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